Par Le Petit Marcel · Mis à jour 2025 · Sources : UNI-VDL, Arras-Vacances, Wikicampers, INSEE, Statbel, Banque de France, Leboncoin
Avant de lire : ce que tu trouveras ici — et ce que tu ne trouveras pas
Cet article traite de l’évolution prix camping-car sur cinq ans — de 2020 à 2025. Pas d’un résumé de brochure constructeur. Pas de « les prix sont justifiés par la qualité croissante des équipements ». Pas de discours marketing recyclé.
Ce que tu trouveras : les données brutes, les vraies sources derrière, le coût total quand on finance, et la comparaison avec ce que les salaires ont réellement fait sur la même période — en France, et chez nos voisins belges. C’est un sujet souvent traité avec des impressions. Ici on le traite avec des chiffres. Et certains sont assez brutaux.
Ce qu’on mesure — et pourquoi la méthode compte
Moyenne vs médiane
Le prix moyen d’un camping-car intégral inclut des liners à 400 000 €. La médiane, non. Dans cet article, on privilégie la médiane quand elle est disponible — c’est le prix qui coupe la population en deux. Si Arras-Vacances donne les deux, on précise lequel on utilise.
L’inflation ne dit pas tout
L’inflation IPC (INSEE) mesure l’évolution d’un panier fixe de consommation. Elle a progressé de 15 % entre 2020 et 2025. Mais le « prix du panier réel des ménages » — le déflateur de la consommation des comptes nationaux INSEE — a lui progressé de 20,5 % sur la même période, notamment à cause de l’énergie et de l’alimentation en 2022-2023. Comparer les prix VDL à l’inflation seule n’est pas suffisant. On compare aussi avec le salaire médian net — ce qui reste réellement dans la poche.
Repère — Salaire médian France 2024 : 2 190 €/mois net (INSEE Première n°2079, oct. 2025). Salaire médian Belgique : estimé à partir de Statbel + indexation automatique CP200.
Le marché VDL en France 2020-2025 : les chiffres qu’on ne conteste pas
Volumes du marché VDL — France 2020–2025
Immatriculations neuf · Cessions occasion — nombre de véhicules par année
Sources : UNI-VDL — immatriculations neuf 2025 : 26 328 (données consolidées) · Cessions occasion 2025 : 68 041 · Données occasion 2020-2024 partiellement estimées · Record neuf 2021 : 30 047 immatriculations
En 2025, le marché VDL français compte 26 328 immatriculations de véhicules neufs — presque identique à 2024 (-0,23 %) mais en nette progression par rapport à 2023 (+10 %). Du côté de l’occasion, 68 041 cessions en 2025, soit 2,5 fois le volume du neuf.
Le record absolu reste la saison 2020-2021 avec 30 047 immatriculations neuves — du jamais vu dans l’histoire du VDL français. Ce pic a tout déréglé. Ce n’est pas une figure de style : c’est le point de départ de cinq années d’instabilité tarifaire.
Source : UNI-VDL, statistiques marché 2025 (données consolidées). Données occasion 2020-2024 partiellement estimées.
Les prix par segment — en euros, sans filtre

Voici les prix médians et moyens 2025 confirmés par Arras-Vacances, source primaire qui publie chaque année une analyse de l’ensemble des catalogues constructeurs :
| Segment | Prix médian neuf 2025 | Prix moyen neuf 2025 | Évolution vs 2024 |
|---|---|---|---|
| Fourgon aménagé | 65 400 € | 68 480 € | +5,20 % (moyen) / +2,31 % (médiane) |
| Profilé | ~70 000 € | 78 375 € | +1,60 % (moyen) |
| Capucine | 68 490 € | 89 734 € | −6,37 % (moyen) |
| Intégral | 117 995 € | 124 991 € | −0,8 % (estimé) |
| Van / fourgon conv. | 60 490 € | 62 760 € | +0,22 % |
Source : Arras-Vacances, analyse catalogues 2025. Médiane intégral : UNI-VDL/Arras-Vacances.
Ce tableau dit quelque chose d’important que les gros titres ne montrent pas : toutes les catégories ne se comportent pas pareil. Le fourgon continue de grimper (+5,20 % en prix moyen). La capucine baisse significativement. L’intégral se stabilise après une correction en 2024. Ce n’est pas « le marché du camping-car » qui monte ou qui baisse — ce sont cinq marchés distincts avec des dynamiques propres.
Évolution des prix médians en euros, par segment — 2020–2025
VDL neufs (lignes pleines) · Intégral occasion (tirets) · Ligne verticale : limite données estimées / confirmées
Sources : Arras-Vacances — prix médians neuf 2025 confirmés (fourgon 65 400 € · profilé ~70 000 € · capucine 68 490 € · intégral 117 995 €) · Prix 2020-2023 reconstitués par rétrocalcul à partir des taux de variation UNI-VDL — à vérifier sur séries historiques complètes UNI-VDL (accès adhérent) · Intégral occasion ⚠ : 2023 (53 565 €) et 2024 (48 745 €) confirmés Wikicampers (25 000 estimations) · autres années estimées
Et l’occasion ?
Wikicampers, avec 25 000 estimations à son actif, publie les données les plus fiables sur l’occasion — du moins sur l’intégral, segment où ils ont le plus de volume : Intégral occasion 2023 : 53 565 € en moyenne. Intégral occasion 2024 : 48 745 €, soit −9 %. La correction est réelle et documentée.
Sur les autres segments (fourgon, profilé, capucine), les données occasion restent fragmentées. UNI-VDL estime le prix moyen occasion toutes typologies à 55 000 € en 2023-2024. L’occasion reste 40 à 50 % moins chère que le neuf — mais elle n’offre plus les décotes pré-Covid.
Limite de données : il n’existe pas à ce jour de série historique publique et fiable des prix occasion VDL par segment sur 2020-2025. Wikicampers et la cote DICA sont les références les plus solides — mais sans accès systématique aux données brutes.
Le regard macro : quand le salaire ne suit plus
Évolution comparée — indice base 100 = 2020
Moyenne VDL neuf · Salaire médian France · Salaire médian Belgique · Inflation IPC France · Prix panier ménage France
Sources : Moyenne VDL neuf — moyenne arithmétique fourgon, profilé, intégral, capucine (UNI-VDL / Arras-Vacances) · Salaire médian France — INSEE Première n°2079 (2022 : 2 091 € · 2023 : 2 183 € · 2024 : 2 190 €) · Salaire médian Belgique — Statbel (brut médian temps plein) converti en net + indexation CP200 (+3,58 % 2022 · +11,08 % 2023 · +1,48 % 2024) — estimation · IPC — INSEE, indice annuel moyen · Panier ménage — déflateur consommation finale des ménages, comptes nationaux INSEE (2023 : +7,0 % · 2024 : +2,2 %)
Les prix VDL ont progressé d’environ 24 % entre 2020 et 2025 selon les segments. L’inflation IPC cumulée : 15 %. Le salaire médian français net : 15 % également. Résultat : en France, les VDL ont dévissé en accessibilité réelle — même si la hausse nominale reste « raisonnable » comparée à l’immobilier.
Mais regardez les deux courbes en pointillés sur le graphique. Il y en a une grise — c’est l’IPC, l’inflation officielle. Et une orange — c’est le prix du panier réel des ménages, le déflateur de la consommation des comptes nationaux INSEE. Elles ne racontent pas exactement la même histoire. Et cet écart mérite une explication.
L’IPC mesure l’évolution d’un panier fixe et théorique de biens et services. Il a ses qualités — il est stable, comparable dans le temps, reconnu. Mais il a un angle mort : il ne capte pas ce que les ménages ont réellement acheté. Or en 2022-2023, les Français ont subi simultanément la flambée énergétique post-Ukraine, une hausse alimentaire de +12 % en 2023, et des loyers en progression. Le bouclier tarifaire énergie a comprimé artificiellement l’IPC — pendant que les ménages payaient quand même plus cher à la pompe et à la caisse du supermarché. Le déflateur, lui, voit la réalité brute : le panier de ce que les Français ont réellement acheté a augmenté de 20,5 % entre 2020 et 2025 — pas 15 %.
Autrement dit : quand quelqu’un vous dit que l’inflation officielle ne reflète pas ce qu’il a vraiment vécu dans son budget, il n’a pas tort. Ce n’est pas une impression — c’est une différence de méthodologie entre deux indicateurs légitimes qui mesurent deux choses différentes.
La courbe belge raconte une autre histoire. L’indexation automatique des salaires — un mécanisme légal belge — a produit un bond de +11,08 % en 2023 pour la commission paritaire 200. Résultat : l’index salarial belge a rattrapé, et presque rejoint, l’index des prix VDL. Ce n’est pas un hasard : l’indexation belge est précisément calculée sur l’évolution réelle des prix — pas sur l’IPC officiel français, mais sur un indice de santé qui intègre les prix alimentaires et énergétiques réels. Elle suit donc la même réalité que le déflateur. C’est pour ça qu’elle colle mieux à la courbe VDL que le salaire français ne le fait.
Analyse terrain
Le constat du Petit Marcel
+24 %
Prix VDL
2020 → 2025
+20,5 %
Inflation réelle vécue
(panier ménage INSEE)
+15 %
Salaire médian
si vous êtes Français
+22,6 %
Salaire médian
si vous êtes Belge
La conclusion s’écrit d’elle-même. En France, le fossé entre ce que vous gagnez et ce que les VDL coûtent s’est creusé de presque 9 points en cinq ans. En Belgique, il s’est creusé de 1,4 point. Même véhicule. Même période. Même constructeur. Même concessionnaire parfois. Mais deux dynamiques de pouvoir d’achat radicalement différentes selon qu’on travaille à Liège ou à Lyon — et ce n’est pas une question d’économie nationale abstraite, c’est une question de salaire sur votre fiche de paie.
Ce graphique ne dit pas que les camping-cars sont inabordables. Il dit que pour un Français au salaire médian, ils le sont devenus un peu plus chaque année depuis 2020. Et que ce glissement, contrairement à ce qu’on entend parfois, n’a rien à voir avec la cupidité des constructeurs — il a tout à voir avec une politique salariale qui n’a pas de mécanisme de rattrapage automatique face à l’inflation réelle.
Ce que ça coûte vraiment : l’amortissement mensuel face au salaire
On va changer d’angle. Parce que les prix en valeur absolue, c’est une chose. Mais ce que ça représente réellement dans un budget, c’en est une autre.
Voici le calcul que personne ne fait — et pourtant c’est le seul qui compte vraiment quand on veut mesurer l’accessibilité réelle d’un véhicule de loisirs. On prend le prix d’achat. On le divise par 120 — soit dix ans d’utilisation, ce qui est une durée de possession réaliste pour un VDL bien entretenu. Ça donne le coût mensuel d’amortissement pur, hors crédit, hors frais fixes, hors carburant. Et on met ça en face du salaire médian mensuel net.
Pas de financement. Pas de taux. Pas de mensualité bancaire. Juste la question de base : quelle part de votre revenu mensuel part dans le simple fait de posséder ce véhicule ?
Sur le graphique ci-dessous, les trois lignes de couleur représentent les trois segments principaux — fourgon, profilé, intégral. La ligne en pointillés, c’est le salaire médian. Ce qui vous intéresse, c’est l’écart entre les lignes véhicules et la ligne salaire — et surtout, comment cet écart a évolué depuis 2020. Les pourcentages affichés sur chaque année vous donnent directement la réponse : combien de votre salaire part dans l’amortissement de ce véhicule, année par année.
Amortissement mensuel VDL vs salaire médian net — France
Coût mensuel d’amortissement sur 10 ans (prix ÷ 120) · % du salaire médian affiché sur chaque année · Salaire médian net INSEE
Amortissement = prix médian ÷ 120 mois (10 ans) · Fourgon 2025 : 65 400 € → 545 €/mois · Profilé 2025 : 78 375 € → 653 €/mois · Intégral 2025 : 117 995 € → 983 €/mois · Salaire médian France : INSEE Première n°2079 — 2 190 €/mois en 2024 · Prix 2020-2023 reconstitués par rétrocalcul UNI-VDL · Hors crédit, hors frais fixes, hors carburant
En 2020, un fourgon vous coûtait 22 % de votre salaire médian mensuel en amortissement pur. En 2025 : 25 %. Trois points de plus en cinq ans. Le profilé est passé de 27 % à 30 %. L’intégral de 42 % à 45 %. Ce n’est pas une catastrophe — mais c’est un glissement régulier, silencieux, qui ne fait pas la une des magazines camping-car.
Maintenant regardez ce qui se passe quand on remplace la ligne de salaire français par la ligne de salaire belge.
[Insérer ici le graphique Ratio Belgique]
Amortissement mensuel VDL vs salaire médian net — Belgique
Même calcul que le graphique France · Salaire médian belge net estimé (Statbel + indexation CP200) · Saut 2023 = +11,08 % d’indexation automatique
Amortissement = prix médian ÷ 120 mois (10 ans) — identique au graphique France · Salaire médian Belgique : Statbel (brut médian temps plein) converti en net + indexation CP200 : +3,58 % (2022) · +11,08 % (2023) · +1,48 % (2024) · ⚠ Estimation — non directement comparable au salaire médian INSEE · Ordre de grandeur
Le saut de 2023 sur la courbe de salaire belge — c’est l’indexation automatique à +11,08 %. Et son effet est immédiatement lisible : les pourcentages ne progressent plus, ils reculent. L’intégral belge culmine à 45 % en 2022 — le pire de la période — avant de redescendre à 42 % en 2025. En dessous du niveau de 2020. C’est le seul segment, dans les deux graphiques, dont le ratio est plus favorable en 2025 qu’au début de la période.
Un Belge au salaire médian consacre aujourd’hui une part légèrement moindre de son revenu à l’amortissement d’un intégral qu’en 2020. Un Français, lui, en consacre une part légèrement plus grande — sur tous les segments, sans exception.
Même véhicule. Même constructeur. Même réseau. Deux trajectoires de pouvoir d’achat qui divergent — non pas à cause du prix du camping-car, mais à cause de ce qui se passe — ou ne se passe pas — sur votre fiche de paie.
💡 Le même fourgon à 65 400 €. Le même taux de crédit. Mais à Liège, le travailleur médian a conservé son pouvoir d’achat relatif. À Lyon, il a décroché. Ce n’est pas un débat politique — c’est une donnée.
Le cycle en trois phases : boom, spéculation, correction
Cycle de prix VDL 2020–2025 — trois phases
Barres : immatriculations neuf (axe gauche) · Courbe : prix moyen intégral occasion (axe droit) · Zones colorées : les 3 phases du marché
Sources : UNI-VDL — immatriculations neuf (2025 : 26 328, données consolidées) · Wikicampers — prix moyen intégral occasion : 53 565 € en 2023 et 48 745 € en 2024 confirmés (25 000 estimations) · autres années estimées · ⚠ Prix intégral occasion = proxy du marché — non représentatif de tous les segments
Phase 1 — Le choc de demande (2020-2021)
La pandémie a tout fait basculer. Pendant les confinements, la demande de véhicules permettant de voyager de manière autonome a explosé. En saison 2020-2021 : 30 047 immatriculations — +28 % d’un coup. Les concessions n’avaient pas de stock, les usines ne pouvaient pas suivre, et les délais de livraison ont commencé à s’allonger. Les premiers signes de tension sur les prix sont apparus dès l’été 2021.
Phase 2 — La spéculation (2022-2023)
C’est là que tout a dérapé. La pénurie de neuf a alimenté une demande reportée sur l’occasion. Des véhicules achetés neufs quelques mois plus tôt se revendaient plus cher que leur prix d’achat. L’intégral occasion a atteint 53 565 € de prix moyen en 2023. Leboncoin note sur sa catégorie caravaning une hausse de +47 % entre 2019 et 2023.
Source primaire : communiqué de presse Leboncoin, « La vanlife en plein essor sur leboncoin », juin 2024 — presse.leboncoincorporate.com. Données : 23 300 € en 2019 → 34 200 € en 2023, toutes catégories caravaning confondues.
Phase 3 — La correction partielle (2024-2025)
La correction existe — mais elle est inégale. Sur l’occasion intégral, −9 % entre 2023 et 2024 (Wikicampers). Sur le neuf, les prix se stabilisent voire baissent sur certains segments (capucine −6,37 %). Mais le fourgon continue de grimper. Il ne faut pas confondre « la bulle se dégonfle » et « les prix reviennent à la normale ». La normale de 2019, c’est terminé.
Ce que ça représente en mois de salaire médian
Analyse comparative
Nombre de mois de salaire médian net nécessaires
pour acheter un VDL neuf — 2020 vs 2025
Salaire médian net France — INSEE
1 940 €/mois (2020) → 2 190 €/mois (2025)
| Segment | Prix 2020 | Mois de salaire 2020 | Prix 2025 | Mois de salaire 2025 |
|---|---|---|---|---|
| Fourgon | ~52 000 € | 26,8 mois | 65 400 € | 29,9 mois ↑ |
| Profilé | ~62 500 € | 32,2 mois | 78 375 € | 35,8 mois ↑ |
| Capucine | ~68 000 € | 35,1 mois | ~85 000 € | 38,8 mois ↑ |
| Intégral | ~97 000 € | 50,0 mois | 117 995 € | 53,9 mois ↑ |
Source : INSEE Première n°2079 · Prix médians UNI-VDL / Arras-Vacances · Prix 2020 reconstitués par rétrocalcul · Hors financement et apport personnel
Salaire médian net Belgique — Statbel estimé
1 900 €/mois (2020) → 2 330 €/mois (2025)
| Segment | Prix 2020 | Mois de salaire 2020 | Prix 2025 | Mois de salaire 2025 |
|---|---|---|---|---|
| Fourgon | ~52 000 € | 27,4 mois | 65 400 € | 28,1 mois ↑ |
| Profilé | ~62 500 € | 32,9 mois | 78 375 € | 33,6 mois ↑ |
| Capucine | ~68 000 € | 35,8 mois | ~85 000 € | 36,5 mois ↑ |
| Intégral | ~97 000 € | 51,1 mois | 117 995 € | 50,6 mois ↓ |
Source : Statbel (brut médian temps plein) + indexation CP200 · ⚠ Estimation — non directement comparable au salaire médian INSEE · Prix médians identiques aux deux tableaux · Hors financement et apport personnel
À retenir
En France, le ratio s’est dégradé sur tous les segments sans exception entre 2020 et 2025. En Belgique, l’indexation automatique des salaires a absorbé la hausse des prix — l’intégral est le seul segment, dans les deux tableaux, dont le ratio est plus favorable en 2025 qu’en 2020 : 51,1 mois → 50,6 mois.
Même véhicule. Même constructeur. Même réseau. Mais +3,9 mois de salaire supplémentaires pour un Français qui veut acheter un intégral neuf en 2025 par rapport à 2020 — contre −0,5 mois pour un Belge. Ce n’est pas une question de prix de catalogue. C’est une question de ce qui se passe — ou ne se passe pas — sur votre fiche de paie.
Les chiffres progressent — mais moins vite qu’on ne l’imaginerait. C’est parce que le salaire médian a aussi progressé, même si moins vite que les prix. La vraie détérioration ne se voit pas dans ces ratios purs : elle se voit dans le coût du financement.
Le crédit — la double peine que personne ne calcule
Ce que la plupart des gens regardent quand ils comparent 2020 et 2025, c’est le prix d’achat. Erreur. Le vrai chiffre à regarder, c’est la mensualité totale quand on finance. En 2020, un fourgon neuf emprunté sur 7 ans avec 20 % d’apport coûtait environ 565 € par mois. En 2025, le même schéma de financement pour un fourgon comparable vous sort à 776 € par mois.
+211 € de plus chaque mois. Pas parce que les prix ont doublé — ils ont augmenté de 26 %. Mais parce que le TAEG moyen est passé de 3,5 % à 6,5 % (Banque de France). Double peine : le capital à emprunter est plus élevé, et il coûte plus cher à financer.
| 2020 | 2025 | |
|---|---|---|
| Prix médian fourgon | 52 000 € | 65 400 € |
| Capital emprunté (80 %) | 41 600 € | 52 320 € |
| TAEG moyen (Banque de France) | 3,5 % | 6,5 % |
| Mensualité (7 ans / 84 mois) | ~565 €/mois | ~776 €/mois (+37 %) |
| Total intérêts payés | ~5 860 € | ~12 864 € (×2,2) |
Source : Banque de France, taux moyens prêts amortissables à la consommation — 6,46 % en 2024 · 6,09 % en oct. 2025. Calcul : formule amortissement standard.
Sur 7 ans, la facture d’intérêts seule a presque doublé. Et en 2023 — le pire des timing — c’était à la fois le pic des prix ET le pic des taux. L’acheteur de 2023 a pris les deux d’un coup.

Ce que posséder un camping-car coûte vraiment par an
Le prix d’achat, c’est l’entrée. Le vrai ticket, c’est ce que le véhicule vous coûte par an une fois dans votre allée. Assurance, entretien, test d’humidité annuel obligatoire, contrôle technique, et si vous n’avez pas de place chez vous, le gardiennage. Avant de mettre un litre de gasoil.
| Poste | Fourgon | Profilé / Capucine | Intégral |
|---|---|---|---|
| Assurance tous risques | ~650 € | ~750 € | ~1 000 € |
| Entretien + révision | ~700 € | ~900 € | ~1 100 € |
| Test humidité (annuel obligatoire) | ~130 € | ~130 € | ~140 € |
| Contrôle technique (biannuel) | ~90 € | ~100 € | ~120 € |
| Hivernage / gardiennage | ~200 € | ~300 € | ~400 € |
| Total frais fixes / an | ~1 770 € | ~2 180 € | ~2 760 € |
| TCO mensuel (hors crédit, hors carburant) | ~473 €/mois | ~530 €/mois | ~822 €/mois |
Sources : Wikicampers (entretien annuel), Matmut (gardiennage ~300 €/an), Mycampermarket.com (frais obligatoires 700-1 300 €/an). Assurance : fourchettes comparateurs spécialisés 2024. TCO inclut amortissement sur 10 ans, valeur résiduelle estimée à 40 % du prix neuf.
Ces chiffres changent complètement la comparaison neuf/occasion — et la comparaison achat/location. Un fourgon à 65 400 € avec crédit à 776 €/mois + 1 770 € de frais annuels, c’est proche de 925 €/mois en coût total réel, tout compris, hors carburant. À mettre en face d’une utilisation de quelques semaines par an.
Liège ou Lyon : le même camping-car, deux réalités
Il y a un chiffre que personne ne sort dans les débats sur le prix des VDL, et pourtant il dit tout. En 2020, un travailleur au salaire médian mettait en moyenne 2,2 ans de salaire net annuel pour acheter un fourgon neuf. En 2025, il en faut 2,45 ans en France. Vingt-trois centièmes d’année de salaire de plus — ça paraît peu. Sauf que ça ne l’est pas, quand on regarde ce qui s’est passé de l’autre côté de la frontière.
En Belgique, la loi impose l’indexation automatique des salaires. Quand les prix flambent, les salaires suivent — mécaniquement, sans négociation, sans grève. En 2023, l’indexation a bondi de +11,08 % en une seule année pour la commission paritaire 200. Résultat : un travailleur belge au salaire médian est passé de 22 800 € à 27 000 € annuels nets en trois ans. Son homologue français, lui, est passé de 23 280 € à 26 280 € sur la même période — soit 720 € de moins par an en 2025, pour le même véhicule, dans les mêmes concessions, souvent des mêmes marques.
Le même fourgon, la même hausse de prix, le même taux de crédit. Mais à Liège, le pouvoir d’achat VDL a tenu. À Lyon, il a reculé. Ce n’est pas un jugement sur un système social ou l’autre — c’est une donnée. Et elle mérite d’être posée sur la table quand on parle d’accessibilité des véhicules de loisirs en francophonie.
⚠ Précision méthodo — Salaire médian belge = estimation à partir de Statbel (brut médian temps plein, hors secteurs publics / santé / enseignement) + indexation CP200. Non directement comparable au salaire médian INSEE. À lire comme ordre de grandeur.
La France n’est pas seule — le contexte européen
L’Allemagne est le premier marché du continent avec 74 718 immatriculations en 2024 — soit trois fois la France. Cette densité concurrentielle et la proximité des usines (Hymer, Knaus, Bürstner, Dethleffs) génèrent des prix catalogue inférieurs pour des modèles comparables. Arras-Vacances note directement que « les VDL restent globalement plus chers en France qu’ailleurs en Europe » — sans que l’écart soit précisément quantifié à ce stade.
À l’échelle européenne, 215 000 nouveaux véhicules de loisirs ont été immatriculés en 2025 — légère baisse de 2,6 % par rapport à 2024, mais niveau structurellement supérieur aux années pré-Covid. La France représente environ 15 % du marché européen. Ensemble, l’Allemagne et la France pèsent plus de 50 % du marché continental.
Sources : CIVD (Caravaning Industrie Verband Deutschland) via Caravanpro 2025 · Wikicampers statistiques marché · Arras-Vacances analyse prix 2025.
La caravane — le segment oublié du débat
On parle beaucoup de fourgon et de camping-car. On parle beaucoup moins de la caravane. Et pourtant : 44 218 cessions d’occasion en 2024, 7 386 neuf. C’est un marché autonome, avec ses propres dynamiques.
La caravane est le seul segment VDL qui offre encore un accès à la mobilité autonome sous le prix du salaire médian annuel pour l’entrée de gamme. Une caravane neuve d’entrée commence autour de 15 000-20 000 €. L’occasion démarre en dessous de 10 000 €. La dépréciation est forte — mauvaise nouvelle pour le vendeur, bonne nouvelle pour l’acheteur.
Leboncoin note sur sa catégorie caravaning toutes typologies confondues une hausse de +47 % entre 2019 et 2023, avec une correction parmi les plus rapides après le pic spéculatif. C’est le segment qui a le mieux corrigé — et le moins suivi dans les analyses.

Ce qu’on peut raisonnablement attendre pour 2026-2027
Prédire les prix VDL est un exercice périlleux. Mais quelques tendances structurelles permettent de tracer des hypothèses raisonnées.
Côté neuf, la normalisation des délais de livraison (effective depuis 2023-2024) retire une pression sur les prix. Les segments haut de gamme (intégral, liner) voient des premiers reculs. Le fourgon résiste — soutenu par une demande jeune et une démographie favorable. Une stabilisation plutôt qu’une baisse franche semble la trajectoire la plus probable.
Côté occasion, la correction se poursuit sur l’intégral mais sa profondeur est limitée par le stock disponible. Plus les acheteurs de 2021-2022 revendront leurs véhicules, plus l’offre d’occasion récente augmentera — ce qui devrait continuer à pousser les prix vers le bas sur 2026.
Le vrai joker : le TAEG. Si la BCE continue de baisser ses taux directeurs, le crédit conso va mécaniquement baisser. Chaque point de pourcentage gagné sur le TAEG, c’est environ 35 à 40 €/mois de moins sur un financement fourgon standard. C’est là que l’accessibilité peut se regagner — pas forcément sur le prix catalogue.
FAQ — Les 8 questions que vous posez vraiment
Conclusion — Trois constats, un verdict honnête
Premier constat. Les prix ont vraiment augmenté — pas de manière catastrophique sur le neuf (+22-28 % selon le segment), mais de manière significative et sans retour apparent aux niveaux pré-Covid. Ce n’est pas du catastrophisme. C’est ce que disent les données.
Deuxième constat. La vraie dégradation de l’accessibilité, ce n’est pas le prix catalogue. C’est la combinaison prix plus élevé + crédit plus cher + salaire qui ne suit pas. En 2023, cette conjonction était au maximum. En 2025, le crédit commence à refluer. C’est le paramètre à surveiller.
Troisième constat. Le marché VDL n’est pas un bloc monolithique. Le fourgon et l’intégral ne se comportent pas pareil. Le neuf et l’occasion ne se comportent pas pareil. La France et la Belgique ne se comportent pas pareil. Quiconque vous dit « les camping-cars montent » ou « les camping-cars baissent » sans préciser de quoi, de quel segment et dans quel contexte, simplifie à l’excès — volontairement ou non.

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Sources et méthodologie
| Source | Données utilisées |
|---|---|
| Arras-Vacances (arras-vacances.fr) | Prix médians et moyens neuf 2025 par segment. Analyses catalogues constructeurs. |
| UNI-VDL (univdl.com) | Immatriculations neuf et occasion. Prix moyen occasion ~55 000 € (2023-2024). |
| Wikicampers (wikicampers.fr) | Prix moyen intégral occasion : 53 565 € (2023) / 48 745 € (2024). 25 000 estimations. |
| Leboncoin corporate (presse.leboncoincorporate.com) | Caravaning occasion : +47 % entre 2019 (23 300 €) et 2023 (34 200 €). |
| INSEE (insee.fr) | Salaire médian France : 2 091 € (2022) · 2 183 € (2023) · 2 190 € (2024). IPC annuel. Déflateur consommation ménages. |
| Statbel (statbel.fgov.be) | Salaire brut médian Belgique : 3 507 € (2021) · 3 728 € (2022). Indexation CP200 : +3,58 % (2022) · +11,08 % (2023) · +1,48 % (2024). |
| Banque de France (banque-france.fr) | TAEG moyen prêts amortissables à la consommation : 6,46 % (2024) · 6,09 % (oct. 2025). |
| CIVD / Caravanpro | Immatriculations européennes 2025 : ~215 000 VDL dont 161 000 camping-cars. |
Données 2020-2023 sur les prix VDL neufs partiellement reconstituées par rétrocalcul à partir des taux de variation publiés. Les séries historiques complètes par segment sont disponibles sur demande auprès d’UNI-VDL (accès adhérent).
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