Par Le Petit Marcel | Mise à jour : mai 2026 | Lecture : ~18 min
« J’ai acheté mon premier camping-car. J’avais tout prévu. Sauf l’entretien. » Phrase que j’entends deux ou trois fois par mois. Souvent accompagnée d’une facture.
Salukes.
Moi, c’est Marcel.
Et si tu lis ce guide sur l’entretien camping-car, c’est soit que tu viens d’acheter ton premier véhicule de loisirs, soit que tu t’apprêtes à le faire. Dans les deux cas : bienvenue dans le club des gens qui vont passer leurs prochaines années à regarder des joints avec une lampe torche.
C’est pas glamour. Mais c’est ce qui fait la différence entre celui qui passe dix ans à voyager sans souci et celui qui se retrouve, un samedi soir de novembre, avec une cassette qui fuit, une batterie morte et un chauffage qui ne démarre pas.
Ce guide, je l’ai construit à partir des conseils d’un chef d’atelier spécialisé véhicules de loisirs, recoupés avec mon expérience terrain. Pas de langue de bois. Pas de copier-coller de notice. Des gestes concrets, dans l’ordre où tu en auras besoin.
On y va.
📌 Tu préfères aller à l’essentiel ? Saute directement aux #checklists en bas de page. Et si tu veux qu’on parle de ton projet spécifiquement : une visio de 45 minutes sur le-petit-marcel.eu, c’est fait pour ça.
Sommaire
- Circuit d’eau — la priorité absolue
- La cassette des toilettes
- Le chauffage Truma ou ALDE
- Le réfrigérateur
- La toiture et l’étanchéité — le sujet que personne n’aborde
- Les batteries
- Le porteur — révisions mécaniques
- La climatisation cellule
- Store, auvent et parties mobiles
- Les joints, serrures et carrosserie
- Les vitres acryliques
- Les pneus
- Le gaz
- Le contrôle technique
- Checklists hivernage et remise en route
1. Circuit d’eau — la priorité absolue


C’est le point numéro un. Et de très loin.
Oublie de purger ton circuit avant les premières gelées, et tu vas découvrir ce que ça fait d’exploser une tête céramique de robinet. C’est pas dramatique. Enfin si, un peu. Surtout quand tu en as six dans le véhicule.
Le frost control : nécessaire, insuffisant
Tous les camping-cars modernes ont une vanne appelée frost control. Elle se déclenche automatiquement entre 0 et 5°C pour vidanger automatiquement le circuit. C’est bien.
Mais ça ne suffit pas.
Ce que tu dois faire en plus :
- Ouvrir tous les robinets en position intermédiaire (ni plein chaud, ni plein froid). Les têtes céramiques à l’intérieur contiennent encore de l’eau résiduelle. Si tu les laisses fermées, elles éclatent au gel.
- Vidanger la réserve d’eau propre ET la réserve d’eau usée.
- Si tu veux être sûr : envoyer de l’air comprimé dans le circuit pour chasser les dernières traces. C’est ce que font les pros. C’est aussi ce que je fais.
Nettoyer les réservoirs
Stocker un véhicule avec de l’eau stagnante dedans, c’est fabriquer un bouillon de culture. Les bactéries adorent ça. Toi, beaucoup moins.
La méthode :
| Produit | Dosage | Durée d’action | Note |
|---|---|---|---|
| Eau de Javel | 1 berlingot (250 ml) / 10 L d’eau | 1 nuit | Efficace sur les bactéries |
| Stéradent | 2 pastilles / 10 L d’eau | 1 nuit | Alternative naturelle, très bien aussi |
Après action : ouvrir tous les robinets, faire circuler le produit, rincer abondamment. On peut faire rouler le véhicule quelques mètres pour mélanger — mais ce n’est pas indispensable.
Important : Ne mélange pas les deux produits. C’est l’un ou l’autre.
Le filtre de pompe à eau
Il est souvent oublié. Pourtant, le filtre situé sur la pompe doit être démonté et nettoyé deux fois par an. Cinq minutes d’opération. Une pompe qui dure dix ans plutôt que trois.
💡 Comment choisir sa pompe à eau de camping-car — guide Le Petit Marcel (à venir)
2. La cassette des toilettes

Nettoyage : Javel non, vinaigre oui
Retiens ça une bonne fois :
Ne mets jamais de Javel dans ta cassette de toilettes.
Je sais. C’est contre-intuitif. La Javel, ça nettoie, ça désinfecte, ça sent « propre ». Sauf que dans une cassette, la Javel tue les bactéries, certes. Mais elle laisse ensuite un terrain grand ouvert pour que d’autres bactéries — celles responsables des mauvaises odeurs — recolonisent l’espace beaucoup plus vite.
Résultat : tu nettoies à la Javel, tu remets la cassette en service, et au bout d’une utilisation tu te demandes pourquoi ça sent aussi mauvais.
La bonne méthode :
- Eau chaude + vinaigre blanc pour le nettoyage
- Rinçage à l’Aquarinse (produit spécifique, indispensable)
- Un additif anti-odeur en complément si besoin
Le joint de cassette : graisser, toujours
Un joint sec, c’est un joint mort. Et un joint mort, c’est une cassette qui fuit au pire moment possible.
Le bon produit : Graisse silicone ou graisse glycérinée. Pas de vaseline, pas d’huile minérale — elles attirent la poussière et finissent par coller.
Fréquence : À chaque hivernage. Et si tu vois le joint qui blanchit ou durcit entre-temps, tu n’attends pas.
Stockage longue durée : Laisse la trappe de cassette ouverte. Le joint ne reste pas compressé en permanence. Il dure deux fois plus longtemps.
3. Le chauffage Truma ou ALDE


La question qu’on me pose tout le temps : ALDE ou Truma ?
Je vais te faire une réponse rapide pour cet article — et te renvoyer vers un comparatif complet.
Truma Combi : Chauffe l’air. Réactif, fiable, très répandu. Fonctionne au gaz (ou électrique selon modèle).
ALDE : Système à eau, comme une chaudière chez toi avec des radiateurs. Monte plus lentement mais chaleur plus homogène, plus douce. Les modèles récents fonctionnent au diesel et à l’électricité — plus besoin de gaz.
À noter : Un troisième système commence à arriver sur le marché, déjà utilisé par certains constructeurs premium (Morelo par exemple) — le chauffage à eau chaude directe, sans ballon. Pas plus cher, plus réactif que l’ALDE. À surveiller.
🔗 ALDE vs Truma vs Timberline — comparatif complet Le Petit Marcel (à venir)
🔗 Truma — site officiel | ALDE — site officiel | Timberline — site officiel | Timberline — Le Petit Marcel
Le détartrage : tous les 2 ans, sans faute
C’est la règle. Et je vais te dire pourquoi elle existe vraiment.
Le tartre se dépose progressivement sur les parois du circuit de chauffage. Si tu interviens au bout de deux ans, il est encore mou, encore dissous facilement. Si tu attends cinq ans, il s’est calcifié sur les parois. Quand tu envoies le vinaigre, il se décolle en morceaux et bouche le circuit au lieu de se dissoudre. C’est une réparation d’atelier.
La procédure au vinaigre blanc :
- Doser 3 litres de vinaigre blanc pour 100 litres de capacité du circuit.
- Remplir le réservoir à moitié.
- Faire chauffer à pleine puissance — le vinaigre ne fonctionne pas à froid. C’est non-négociable.
- Laisser agir.
- Rincer deux à trois fois (l’odeur du vinaigre est tenace).
💡 Des produits détartrants spécifiques existent en boutique. Efficaces, mais le vinaigre blanc à 3 L / 100 L reste la référence terrain.
La cheminée extérieure du Truma
La petite cheminée d’évacuation extérieure du Truma est un hôtel 5 étoiles pour insectes, feuillages et grenouilles. Oui, grenouilles. L’atelier en a sorti une — vivante.
Il existe des caches spécifiques Truma pour l’obstruer pendant l’hivernage. En dépannage : un simple nylon maintenu par un élastique. L’essentiel, c’est que rien n’entre.
4. Le réfrigérateur

Pourquoi le frigo d’absorption marche mal en été
Le frigo d’absorption (le plus répandu sur les camping-cars) fonctionne à l’ammoniaque. Il a besoin d’évacuer de la chaleur par l’arrière pour refroidir par l’avant. C’est là qu’interviennent les fameuses grilles vertes extérieures.
L’erreur classique : Mettre le thermostat à fond quand il fait 35°C dehors. L’agrégat chauffe, la chaleur ne s’évacue pas, le frigo peine à refroidir, tu montes encore le thermostat… et tu tournes en rond.
La bonne pratique : Par forte chaleur, thermostat sur position 3. Le frigo régule mieux.
En hiver : L’inverse — le froid gêne l’agrégat. Pose tes grilles vertes pour protéger l’arrière du froid.
Entretien du brûleur
La cheminée du brûleur s’encrasse progressivement. Symptômes : odeur bizarre à l’allumage, frigo qui fonctionne mal, couleur de flamme inhabituelle.
La procédure : Retirer la grille extérieure basse, repérer la cheminée noire, souffler avec une soufflette ou une petite brosse métallique fine. Cinq minutes. À faire dès que le comportement du frigo change.
Nettoyage et hivernage
- Nettoyage intérieur au vinaigre blanc.
- Sécher soigneusement avec un chiffon — ne pas laisser de résidus humides.
- Porte ouverte pendant tout le stockage.
5. La toiture et l’étanchéité — le sujet que personne n’aborde

Et pourtant, c’est la source numéro un de sinistres sur les véhicules de loisirs.
Une infiltration d’eau par le toit, ça ne fait pas de bruit. Ça n’allume aucun voyant. Ça travaille en silence pendant des mois — parfois des années — dans l’isolant et la structure, avant que tu ne découvres les dégâts. Et là, on ne parle plus d’un joint à 15 €. On parle parfois de la moitié de la valeur du véhicule en réparation.
Le contrôle annuel obligatoire
Deux fois par an (avant hivernage et avant la saison), monte sur le toit et inspecte visuellement :
- Le périmètre du toit : tous les joints en silicone périphériques. Un joint qui noircit, qui se rétracte, qui craquelle — c’est une potentielle voie d’entrée d’eau.
- Les trappes de toit (Seitz, Dometic…) : vérifier l’étanchéité du joint périphérique et que la trappe ferme bien à plat.
- La climatisation de toit (si tu en as) : vérifier les joints de fixation.
- L’antenne et la parabole : les points de fixation sur le toit sont des zones à risque.
- Les passages de câbles : souvent mal mastiqués d’origine ou qui se décollent avec les cycles chaud/froid.
⚠️ Ne monte pas sur un toit que tu ne connais pas sans vérifier sa résistance. Certains toits ne sont pas prévus pour supporter un poids adulte. Consulte la documentation de ton véhicule.
Les joints de toit en silicone
Les cordons de silicone extérieurs ont une durée de vie limitée. Ils se dilatent et se contractent avec les variations de température. Au bout de quelques années, ils se décollent, fissurent, ou rétrécissent.
La règle : Tout joint de toit qui présente une discontinuité, même minime, doit être repris. Ne pas attendre. Une infiltration qui commence en octobre te sera facturée au printemps.
Le produit : Mastic silicone spécifique camping-car (pas le silicone sanitaire de salle de bain). Les marques Sikaflex ou Carbatec sont les références du secteur.
Le test à l’eau
En cas de doute sur une zone spécifique : tuyau d’arrosage, eau courante sur la zone suspecte pendant plusieurs minutes, et quelqu’un à l’intérieur qui observe. Simple, efficace, révélateur.
6. Les batteries

C’est probablement le sujet qui génère le plus de SAV. Et presque toujours évitable.
La règle de base : 24 heures de charge
Avant chaque départ : 24 heures de charge minimum. Pas 2 heures. Pas une nuit. 24 heures.
À chaque retour : recharge de 24 heures. Et si le véhicule reste immobilisé, une recharge de 24 heures toutes les 3 semaines. Pas toutes les 3 semaines et demie. Toutes les 3 semaines.
C’est la règle qui sauve les batteries. Beaucoup de gens la connaissent. Presque personne ne la respecte vraiment.
Ce que consomme vraiment un camping-car
Estimation de base avec équipements standard :
| Équipement | Consommation approx. |
|---|---|
| Éclairage LED complet (récent) | 5 à 7 A |
| Pompe à eau | 3 à 5 A |
| Réfrigérateur (absorption) | 0 A (gaz ou 230V) |
| Réfrigérateur (compression) | 3 à 5 A |
| Télévision | ~3 A |
| Machine à café (via convertisseur) | 50 à 80 A le temps de chauffe |
| Climatisation Truma 8400 (via convertisseur) | ~65 A à la mise en route |
Total moyen sans appareils énergivores : ~40 ampères par jour.
Une batterie de 100 Ah = 2 jours. Point.
Ce qui veut dire : avant de te plaindre que tes batteries « ne tiennent pas », fais le bilan énergétique de ce que tu utilises vraiment. Une machine à café branchée sur convertisseur, c’est deux heures de télévision effacées en trois minutes.
AGM, Gel ou Lithium ?
| Type | Décharge max recommandée | Durée de vie | Entretien |
|---|---|---|---|
| Plomb-acide ouvert | 50 % | 3-4 ans | Vérifier niveau eau |
| AGM | 50 % | 4-6 ans | Aucun |
| Gel | 50 % | 4-6 ans | Aucun |
| Lithium (LiFePO4) | ~95 % | 8-12 ans | Quasi aucun |
Si tu dois changer tes batteries : passe au lithium. Pas pour le côté tendance. Pour les raisons concrètes suivantes :
- Tu utilises vraiment toute la capacité (pas 50 % comme pour l’AGM/Gel)
- La durée de vie est 2 à 3 fois supérieure
- Le poids est nettement réduit
Mais deux conditions :
- Ton chargeur doit avoir un sélecteur de type batterie (AGM / Gel / Lithium). Vérifier avant l’achat. Sur certains véhicules avant 2014, cette option n’est pas disponible ou nécessite une modification.
- Un booster (40 ou 60 A) sur l’alternateur est fortement recommandé pour recharger efficacement en roulant.
🔗 Batteries lithium camping-car : ce qu’il faut vraiment savoir avant d’acheter
Le panneau solaire : un complément, pas une solution
Un panneau de 100 W en conditions optimales (10h–16h, bonne orientation) : 7 ampères récupérés dans la journée. C’est l’équivalent de deux heures de télévision.
Utile pour maintenir une charge pendant un stationnement ensoleillé. Insuffisant pour compenser une consommation réelle.
Et le régulateur du panneau solaire consomme lui-même quelques milliampères en permanence la nuit. Ce n’est pas grand-chose, mais ça explique pourquoi une batterie ne se retrouve jamais à 100 % en sortie d’hivernage même avec un panneau dessus.
Laisser branché en permanence : bonne ou mauvaise idée ?
Mauvaise idée pour un stockage long.
Voici pourquoi : ton chargeur monte la batterie à 14,2 V, puis oscille en permanence entre charge légère et décharge légère pour maintenir cette tension. Ça multiplie inutilement les cycles de charge/décharge. Et une batterie, ça a un nombre de cycles de vie limité.
Sur un stockage de 6 mois : tu accélères le vieillissement sans rien utiliser.
La bonne pratique pour l’hivernage : Déconnecter la batterie. La sortir si possible. La stocker dans un endroit tempéré. La recharger 24 heures avant de la remettre en place pour la nouvelle saison.
« Tu veux aller plus loin sur la gestion de l’énergie en camping-car ? Mon e-book [Énergie & Autonomie] est disponible sur la boutique Le Petit Marcel pour moins de 30 €. Il couvre le calcul de ton bilan énergétique, le choix des batteries, le dimensionnement solaire. Voir l’e-book →«
7. Le porteur — révisions mécaniques
<!– IMAGE : Photo d’un Fiat Ducato (châssis camping-car) en atelier, ou d’un carnet d’entretien ouvert. Légende : « Ton camping-car, c’est aussi un camion. Et un camion, ça s’entretient comme tel. » –>
C’est le parent pauvre de l’entretien camping-car. Tout le monde parle de la cellule. Personne ne parle du moteur.
Pourtant, c’est lui qui fait avancer 3 500 kilos (ou beaucoup plus). Et c’est lui qui te laisse en panne sur l’autoroute si tu l’oublies.
L’AdBlue : ne jamais négliger l’additif anti-cristallisation
Si ton porteur est équipé d’un système SCR (Fiat Ducato 2.2 et 3.0 depuis les normes Euro 6 notamment) : tu as un réservoir AdBlue.
Ce que beaucoup ignorent : L’AdBlue peut cristalliser dans l’injecteur si le véhicule est stocké longtemps ou si la qualité du produit n’est pas bonne. Un injecteur cristallisé, c’est plusieurs centaines d’euros de réparation — parfois plus de mille.
La solution : quelques euros d’additif anti-cristallisation à ajouter régulièrement dans ton réservoir AdBlue. C’est l’un des meilleurs rapports coût/prévention qui existe sur ce type de véhicule.
Les révisions : respecter le carnet d’entretien du porteur
Le camping-car a deux vies mécaniques distinctes : la cellule et le porteur. Le porteur, c’est un véhicule utilitaire avec ses propres intervalles de révision.
Les points à ne pas oublier :
- Vidange moteur et filtre à huile : selon les intervalles du constructeur porteur (Fiat, Mercedes, Volkswagen, Citroën…). Ne pas se fier uniquement aux kilomètres — le temps joue aussi.
- Courroie de distribution : sur les moteurs qui en sont équipés (le Fiat Ducato 2.2 HDI en est équipé), c’est la pièce dont le remplacement est non-négociable. Rupture de courroie = moteur à reconstruire. Coût : plusieurs milliers d’euros.
- Filtre à particules (FAP) : sur les véhicules récents, le FAP se régénère automatiquement lors des longs trajets. Un camping-car qui roule peu fait des trajets courts. Résultat : des régénérations incomplètes et un filtre qui se colmate. La solution : occasionnellement, faire une sortie d’au moins 45 minutes à régime soutenu sur route ou autoroute.
- Freins : après un stockage long (3 mois et plus), les disques peuvent avoir rouillé superficiellement. Un frein à disque rouillé crisse, tire légèrement, et retrouve son comportement normal après quelques freinages progressifs. Si le comportement persiste : faire contrôler.
- Liquide de frein : à renouveler selon les préconisations du constructeur (généralement tous les 2 ans), indépendamment du kilométrage.
8. La climatisation cellule

La climatisation de toit (Truma Aventa, Dometic, etc.) a ses propres besoins d’entretien.
Le filtre : à nettoyer avant chaque saison
Le filtre de la climatisation cellule retient la poussière, les insectes, les résidus divers. Un filtre encrassé : la clim consomme plus, refroidit moins, et travaille sous contrainte.
Fréquence : Avant chaque début de saison, et à mi-saison si tu l’utilises intensivement.
La procédure : La majorité des modèles ont un filtre accessible sans outil depuis l’intérieur. Dépose, aspire ou rince à l’eau tiède, laisse sécher complètement avant de remettre en place.
Le réseau de distribution d’air
Sur les modèles avec climatisation à air pulsé dans le réseau de chauffage cellule (type Truma Aventa avec distribution) : passer un chiffon dans les bouches d’aération une fois par an. Les bouches d’aération s’encrassent et peuvent devenir sources d’odeurs.
Hivernage de la clim
Avant stockage : nettoyer le filtre, laisser tourner en mode ventilation 10 minutes pour sécher le circuit interne. Pas de procédure complexe — mais ne pas la fermer humide.
9. Store, auvent et parties mobiles

C’est l’entretien le plus facile à oublier. Et celui dont les conséquences sont les plus visibles.
Règle absolue : ne jamais rentrer un store mouillé
Un store rentré humide dans son logement = moisissures garanties en quelques semaines. L’auvent moisit, l’odeur reste, et dans les cas graves, la toile est à remplacer.
La règle : Si tu es obligé de rentrer le store sous la pluie, ressors-le dès que le soleil revient pour le faire sécher complètement avant l’hivernage.
Entretien du mécanisme
- Lubrifier les bras et les articulations une fois par an (spray silicone ou graisse spécifique).
- Vérifier que la tension du store est homogène — une toile qui gondole d’un côté peut indiquer un ressort à rééquilibrer.
- Nettoyer la toile à l’eau claire sans produit abrasif ni pression excessive.
Les marchepieds électriques
Si ton véhicule en est équipé : les glissières du marchepied doivent être nettoyées et lubrifiées une fois par an. Un marchepied grippé qui ne rentre plus, c’est une réparation évitable à 100 %.
Produit : spray silicone. Cinq minutes. Une fois par an.
Les vérins hydrauliques de mise à niveau
Les véhicules équipés de vérins hydrauliques (EP, Al-Ko…) ont besoin d’une lubrification des articulations lors de chaque hivernage. Un vérin rouillé qui ne se déploie plus en plein camping un dimanche soir, tu t’en souviens.
10. Les joints, serrures et carrosserie

Les joints de portillons et d’ouvertures
Lubrifier une fois par an. Avant l’hivernage.
Le bon produit : Silicone en spray ou graisse à base de silicone. La vaseline attire la poussière. Les huiles minérales dégradent le caoutchouc à terme. Silicone pur.
Ce qui arrive si tu ne le fais pas : Joint sec → joint qui colle au cadre → tu ouvres et tu arraches le joint. Ou pire, tu forces et tu casses la manivelle. On ne compte plus le nombre de manivelles de vasistas qu’on voit passer en atelier.
Les serrures
Un coup de spray silicone dans chaque serrure une fois par an. Trente secondes. Ça évite les serrures grippées en hiver et les tentatives héroïques dans le mauvais sens.
Les joints extérieurs en silicone (mastique)
Les cordons de mastic extérieurs (jonctions de carrosserie, angles, passages divers) se renouvellent partiellement naturellement avec la chaleur. Mais ils vieillissent et se décollent.
Pour nettoyer les joints noircis :
- Spatule plastique souple pour enlever l’excédent décollé.
- Chiffon imbibé de pétrole lampant pour nettoyer.
- Rincer à l’eau claire.
Résultat : joints blancs impeccables. Et le pétrole lampant, ça s’achète en bidon de 1L pour quelques euros en quincaillerie. Ça ne fait pas partie des « produits secrets de pro » mais presque.
La carrosserie polyester
La grande majorité des camping-cars intégraux ont une carrosserie en polyester. Ce n’est pas de la peinture automobile classique.
Ce qui la détruit :
- Le nettoyage haute pression directement sur les joints
- Les produits à base d’alcool
- Le savon liquide vaisselle (acide, à terme)
Ce qui fonctionne :
- Shampoing carrosserie pH neutre
- Produit spécifique polyester (demander en boutique camping-car)
- En dépannage pour faire briller : jus de citron (non abrasif, efficace, et tu as forcément ça quelque part dans ton camping-car)
11. Les vitres acryliques

Sur les camping-cars récents : les grandes baies sont en acrylique. Ce n’est pas du verre. Et cette différence compte.
Ce qui détruit une vitre acrylique :
- Alcool (rend la matière trouble, crée des micro-fissures internes)
- Savon ordinaire
- Tout produit abrasif
Une fois les « étoiles » internes créées, elles ne partent plus. La vitre reste transparente mais se dégrade à la lumière rasante.
Ce qui fonctionne :
- Produits spécifiques acrylique (Plexiglass cleaner, produits Farecla…)
- Eau tiède + chiffon microfibre
- Jus de citron en dépannage
La condensation dans les doubles vitrages
Un léger voile de condensation à l’intérieur d’un double vitrage en sortie d’hiver : c’est normal. Les vitrages camping-car sont légèrement microporeux. Ça disparaît avec le retour des températures.
Des gouttes qui coulent à l’intérieur du double vitrage : là, c’est un problème à signaler au concessionnaire ou à l’atelier.
12. Les pneus

La pression : avant chaque départ et chaque retour
C’est aussi basique que ça. Et aussi souvent oublié que ça.
Sur un véhicule type Fiat Ducato, les pressions de référence sont affichées dans le montant de porte. En général : 5 bar à l’avant, 5 à 5,5 bar à l’arrière. Mais chaque véhicule a ses propres valeurs — ne jamais se fier à la mémoire ou à ce que dit le voisin de camping.
L’âge des pneus : la règle des 5-7 ans
Un pneu d’aspect parfait peut être dangereux à 7 ans. La gomme vieillit. Les huiles internes s’évaporent. La souplesse disparaît.
Comment vérifier l’âge : La date de fabrication est gravée sur le flanc du pneu sous forme d’un code à 4 chiffres (semaine + année). Ex : « 2319 » = 23e semaine de 2019.
Sur les roues jumelées arrière : Passe la main entre les deux pneus. C’est là que les craquelures et les coupures passent inaperçues.
Bouger le véhicule régulièrement
Un camping-car immobilisé 3 mois au même endroit développe des méplats (déformations au point de contact avec le sol). La règle : déplacer le véhicule au minimum tous les 3 semaines, même de quelques mètres.
Il existe des cales anti-ovalisation. Utiles — mais elles ne remplacent pas le mouvement.
Pneus 4 saisons, hiver : ce qui change
Les pneus 4 saisons sont actuellement tolérés sur les routes à obligation de pneus « montagne ». Mais la réglementation évolue. Selon les informations actuelles, les pneus 4 saisons pourraient ne plus être autorisés en remplacement des pneus hiver dans certains départements dans les prochaines saisons. Vérifie la réglementation en vigueur avant chaque hiver.
13. Le gaz


Purgez votre bouteille à la première utilisation
Si tu viens du gaz de ville et que tu passes aux bouteilles en camping-car : les premières bouteilles peuvent contenir des impuretés dans le circuit. Sans filtre à gaz, ces résidus atteignent le brûleur et l’encrassent.
À faire : Ouvrir légèrement la bouteille avant toute utilisation pour purger le circuit. Et idéalement, installer un filtre à gaz en ligne. Quelques euros, installation rapide, valable dix ans.
L’inverseur automatique : investissement indispensable
Si tu as deux bouteilles et pas d’inverseur automatique : tu vas découvrir un soir que la première bouteille est vide. À moins 10°. Un samedi. Avec tout qui est fermé.
L’inverseur automatique bascule sur la deuxième bouteille sans intervention. 15 euros. L’un des meilleurs retours sur investissement camping-car qui existe.
Propane ou butane en hiver ?
En dessous de 0°C : propane uniquement. Le butane ne s’évapore plus correctement par températures négatives. Ce n’est pas une question de préférence — c’est de la chimie.
L’astuce du mélange Nord / Sud
Une bouteille achetée dans le sud de la France ou en Espagne en été peut avoir un mélange différent (ratio butane/propane adapté aux températures estivales). Si tu rentres dans le nord avec cette bouteille et que ça « ne tire pas bien », c’est souvent la cause. Ça se résout en passant sur une bouteille achetée localement.
14. Le contrôle technique

Un point souvent mal compris par les primo-accédants.
Véhicule léger (PTAC ≤ 3 500 kg)
Contrôle technique classique tous les 2 ans, comme une voiture de tourisme. Avec un contrôle sur les équipements spécifiques du camping-car (réservoir de gaz, installation électrique cellule…).
Poids lourd (PTAC > 3 500 kg)
Si ton véhicule a un PTAC de 3 500 à 7 500 kg (ce qui inclut beaucoup de grands intégraux sur châssis Fiat Heavy ou Mercedes) : tu es dans la catégorie poids lourd au sens du contrôle technique.
Ce que ça change :
- Visite technique annuelle (et non plus tous les 2 ans)
- Centre de contrôle agréé poids lourds (pas tous les CT classiques)
- Vérifications supplémentaires spécifiques PL
⚠️ Note permis : Un camping-car de PTAC > 3 500 kg nécessite le permis C1. Le détarage à 3 500 kg existe mais laisse souvent très peu de charge utile. Sur ce point, je t’explique tout dans mon analyse du Notin Calvia/Lorca — lien en description (à venir).
🔗 Lien externe : Contrôle technique véhicules de loisirs — UTAC (à lier)
15. Checklists hivernage et remise en route
Checklist hivernage complète
Circuit eau
- [ ] Déclencher le frost control
- [ ] Ouvrir tous les robinets (position mi-course)
- [ ] Vidanger réservoir eau propre et eau usée
- [ ] Nettoyer les réservoirs (Javel ou Stéradent — 1 nuit — rincer)
- [ ] Nettoyer le filtre de pompe à eau
Toilettes
- [ ] Vider et nettoyer la cassette (eau chaude + vinaigre blanc)
- [ ] Rincer à l’Aquarinse
- [ ] Graisser le joint de cassette (graisse silicone)
- [ ] Laisser la trappe ouverte
Chauffage
- [ ] Si 2 ans écoulés : détartrage au vinaigre blanc (3 L / 100 L, chauffer à fond, rincer 2-3 fois)
- [ ] Cache sur la cheminée extérieure Truma
Réfrigérateur
- [ ] Nettoyer à l’intérieur (vinaigre blanc)
- [ ] Sécher complètement
- [ ] Laisser la porte ouverte
- [ ] Poser les grilles vertes
Toiture et étanchéité
- [ ] Inspection visuelle du toit (joints périphériques, trappes, fixations antenne/clim)
- [ ] Reprendre les joints décollés ou fissurés (Sikaflex ou équivalent)
Batterie
- [ ] Déconnecter la batterie
- [ ] Stocker dans un endroit tempéré (intérieur recommandé)
- [ ] Recharger 24 h si besoin avant rangement
Porteur
- [ ] Vérifier le niveau AdBlue et ajouter l’additif anti-cristallisation
- [ ] Vérifier la date de la prochaine révision / courroie de distribution
Climatisation cellule
- [ ] Nettoyer le filtre
- [ ] Faire tourner 10 min en mode ventilation avant rangement
Store / Auvent
- [ ] Sécher complètement avant repli
- [ ] Lubrifier les articulations des bras (spray silicone)
- [ ] Lubrifier les glissières de marchepied électrique
- [ ] Lubrifier les vérins hydrauliques (si équipé)
Joints et serrures
- [ ] Lubrifier tous les joints de portillons (spray silicone)
- [ ] Lubrifier toutes les serrures
Pneus
- [ ] Vérifier et ajuster la pression
- [ ] Inspection visuelle des flancs (craquelures)
- [ ] Vérifier la date de fabrication (flanc)
- [ ] Prévoir de bouger le véhicule toutes les 3 semaines
Intérieur
- [ ] Sortir tous les coussins, textiles, vêtements
- [ ] Lever les coussins pour laisser circuler l’air
- [ ] Poser des absorbeurs d’humidité
- [ ] Retirer tous les appareils électroniques nomades
- [ ] Laisser une aération ouverte (discrète)
Carburant
- [ ] Faire le plein complet avant stockage (évite la condensation dans le réservoir)
🔄 Checklist remise en route (printemps)
- [ ] Recharger la batterie 24 heures avant départ
- [ ] Remettre en eau : vérifier la position du frost control (position fermée)
- [ ] Contrôler la pression des pneus
- [ ] Inspecter le toit (rapide — 5 minutes)
- [ ] Vérifier le niveau de gaz
- [ ] Tester le chauffage
- [ ] Tester le réfrigérateur (prévoir 12h de stabilisation)
- [ ] Tester la climatisation cellule
- [ ] Nettoyer le filtre de clim si besoin
- [ ] Déployer le store — vérifier mécanisme
- [ ] Vérifier les freins (1er arrêt progressif pour nettoyer les disques si stockage long)
- [ ] Vérifier le niveau AdBlue
En résumé — les 6 gestes qui changent vraiment tout
1. Purgez le circuit d’eau correctement. Le frost control seul ne suffit pas. Ouvrez les robinets.
2. Inspectez votre toit une fois par an. C’est là que les sinistres commencent — et finissent cher.
3. Chargez 24 heures avant chaque départ. Sans exception. Et toutes les 3 semaines à l’arrêt.
4. Ne mettez jamais de Javel dans la cassette. Vinaigre blanc. Point.
5. Détartrez votre chauffage tous les 2 ans. Avant que le tartre ne colle.
6. Faites le plein avant de ranger. Et bougez le véhicule toutes les 3 semaines.
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Ce pack réunit les trois guides les plus utiles pour gagner du temps, éviter les pièges classiques et avancer avec des informations concrètes, sans te perdre dans des semaines de recherches contradictoires.
- Choix du véhicule
- Erreurs de débutant
- Premier voyage mieux préparé
Cet article est basé sur les conseils d’un chef d’atelier spécialisé véhicules de loisirs, enrichis de mon expérience terrain. Il est mis à jour régulièrement. Si tu constates une information à corriger ou à compléter : laisse un commentaire ou écris-moi directement.
Et si cet article t’a aidé : un pouce en l’air sur YouTube, un avis Google, ou simplement partage-le à quelqu’un qui en a besoin. Ça prend trente secondes et ça fait vraiment avancer le projet.
Prends soin de toi. Ciao ciao.
Marcel
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